Aller au contenu
Julie Desrosiers
Slide

Cher Georges,

Le séminaire au Domaine Forget se passe bien.  Je retrouve des paysages qui me remuent et je rencontre des humains nourrissants et attachants. J’écoute des phrases bien organisées, faites avec des mots et des idées immatérielles et vastes. Nous sommes allés jouer dehors et j’ai vu ces mots devenir concrets, vivants et grands ouverts. Ils me traversent et débordent de mes yeux un peu des fois. Je ne suis pas très étanche. Les textures, les odeurs, les sons et la météo me les imprègnent dans le corps et dans la tête aussi. Moi, je fais des phrases bricolées dans la matière, dans le temps, dans le mouvement. Des phrases lentes, sans mots, qui se construisent et se déconstruisent dans des récits improbables, pour nous lier à la matérialité du monde. Je veux provoquer des rencontres sensibles, sensorielles, tactiles, spatiales et organiques, explorer des états, des résistances, ouvrir des frontières, préparer des espaces prêts à recevoir et à montrer les mouvements et les dialogues d’un élément vers l’autre… Mais ça, tu le sais déjà. Le temps est étroit, je dois y aller… je te raconterai le reste à mon retour, pour m’aider à boucher les fuites.
À bientôt

Julie

juliedesrosiers_image